Apple et la validation des Applis : Oopps they did it again ?

Le 3 juin 2009

appstoreinclinegauche1La gronde commence à monter de part et d’autre du monde (des avantages d’avoir un kiosque mondialisé –  Tome 1) vis à vis d’Apple et de sa politique de validation des Applications au sein de son AppStore, grignotant un peu plus jour après jour l’image « fun and fun and so fun » d’Apple auprès des clients.

Nous vous avions déjà évoqué le mail peu cordial envoyé par le leader du groupe Nine Inch Nails (ici) dénonçant les conditions du rejet de la mise à jour de leur application iPhone.

Et bien, malheureusement, il semblerait que cela n’ait pas porté ses fruits du côté de Cupertino, car un deuxième AppliGate semble sur le point d’éclater.

L’organisation concernée cette fois ci : EFF, pour Electronic Frontier Foundation (site web) qui est, en gros, un groupe d’internautes luttant pour défendre leurs/nos droits dans ce monde digital tout méchant.

Il y a quelques semaines, un développeur  a eu l’idée de soumettre à Apple une appli dédiée à la récupération des flux RSS de la fondation. Et là, souci.

Car, un des flux présents dans ce lecteur RSS a remonté un billet mettant en avant une vidéo parodique détournant un film de 2004, Downfall.

Vous vous dites : « oui, c’est normal que cette application ait été interdite car elle encourageait le détournement-piratage de films sur Internet (vous savez, un peu le syndrome HADOPI quoi). Comme je vous vois venir. Sauf que, merci mon Dieu nous avons encore le droit de rigoler un peu dans ce bas monde, Apple n’a rien dit sur le détournement satirique.

Mais, sur un sous titre de la vidéo qui osait afficher le mot « F**** » (nous préférons ne pas l’écrire au cas où notre hébergeur soit lui aussi du côté de Cupertino). La preuve en image :

hitler_eff

Raison officielle : « EFF’s content runs afoul of the iTune’s App Store’s policy against « objectionable » content ».

Et là, il devient difficile de défendre Apple. Ne serait-ce que parce que cette même vidéo, avec le même sous-titre, est accessible depuis l’application YouTube, via l’AppStore. Que l’on peut également la visionner via Safari, en se rendant sur le Blog de l’auteur.

Il serait préférable qu’Apple adopte une règle de conduite claire et intelligente quant à la validation de ces applications, au risque de mettre en péril le génial écosystème que la société a réussi à créer; de « process de validation un peu … étrange » à « process (qui a dit pipé ?) opéré par un big brother qui décide ce que nous avons le droit de voir », il n’y a finalement pas beaucoup de distance, et cela pourrait faire beaucoup de mal à Apple et au marché.

Imaginons juste deux secondes si Microsoft était dans le box des accusés à la place d’Apple; les réactions seraient beaucoup plus nombreuses, et feraient beaucoup plus de bruit.

Parce que l’on adore nos MacBook et que notre iPhone est quand même un petit bijou, aller d’accord nous ne lèverons une armée de révolutionnaires cette semaine.

Et d’accord, l’organisation EFF ciblée par ce rejet allait forcément au vu de ses idéaux faire du bruit autour du sujet. Et d’accord (bis), après tout Apple est sur l’AppStore chez lui, et il fait bien ce qu’il veut. Et d’accord (ter), si nous avons quelque chose à redire à cela, nous avons qu’à développer des Web Applications, qui elles n’ont besoin d’aucune validation (elles sont hébergées sur le Web) et peuvent remplacer les applications de manière transparente pour certains projets.

Mais tout de même, attristés nous sommes de voir l’aura de l’iPhone un peu attaqué par ces affaires.

Alors s’il vous plaît, messieurs les génies de chez Apple qui avez réussi à révolutionner le monde du mobile en quelques mois, ne gâchez pas tout en ne suivant pas le mouvement de liberté que vous avez créé jusqu’au bout de son idéal.

Amen.