Google, les applis iPhone et nous

Le 27 mai 2009

google

Google est devenu en quelques années l’extension numérique de notre cerveau, et Google est devenu vital.

Plus aucune journée de surf (je parle informatique là, pas de Point Break) ne débute sans afficher la célèbre page blanche avec ses 4 couleurs. Même la barre des tâches est désertée, pour preuve aller petit quizz : que ceux qui n’accèdent à leurs sites préférés uniquement en tapant son nom dans Google lèvent le doigt … (que vous êtes jolis ! que vous êtes nombreux ! merci, moins seul je me sens).

Bref, Google est aujourd’hui quasiment indissociable de tout scénario de surf sur le web ( (c) Lapalissade 2009 ) . Nous pensions donc que le même modèle allait s’appliquer de facto sur le mobile, et d’autant plus qu’en situation de mobilité, nous avions de plus grands besoins en termes de recherche/ consultation de l’information concernant ce qui nous entoure.

Oui, mais voilà.

Apple est passé par là, et a en moins d’un an révolutionné grâce à ses applis le monde mobile. Et avec, les habitudes des consommateurs.

Car Apple a eu l’idée folle de ne pas recréer un guichet unique à l’information (i.e. en ouvrant un navigateur affichant une page donnée), mais au contraire de créer une sorte d’interface aplatie, sans aucun système de classification (qui a parlé de dossiers ? Grand fou va) ni moyen de le ranger efficacement, affichant pèle mêle des petits rectangles de couleur (ok, ils sont arrondis) lançant directement des petits logiciels à usage précis. (oui, je parle d’applications là).

Et du coup, tous nos modèles commencent à trembler.

Pour reprendre les exemples de Monsieur Jason Hiner (ici) , depuis son mobile il n’utilise plus Google pour :

 

  • chercher des coordonnées : à la place, il lance l’application Pages Blanches
  • trouver une entreprise ; vive les Pages Jaunes !
  • connaître quelle est le numéro de Taxi de la ville visitée; il utilise au contraire l’application Taxi Magic.
  • Etc

 

Ne serait ce que parce qu’il a l’opportunité de le faire (tout simplement, ça n’existait pas avant), mais également car c’est beaucoup plus intuitif ; un seul clic suffit, pas besoin de taper sa recherche sur des touches ridiculement petites … (Personne n’a jamais eu envie d’utiliser son iPhone avec un stylet ??) 

Alors, que faire ? Aurions nous été floués, abusés, spoliés durant tant d’années par le Dieu Google ? Allons nous le laisser tomber aussi vite que nous l’avons adopté ? Google n’aurait il d’autre modèle pour ces 10 prochaines années de créer une app qui nous permette de chercher une app parmi les 15 pages d’applications de notre téléphone ?? (Remarquez, ce serait top)

Pas si sûr.

Pas si sûr et il a fort à parier que la contre attaque ne vienne pas des consommateurs (même si le principe de guichet unique simple ne devrait pas déplaire + le fait de ne pas polluer le terminal que l’on regarde une fois toutes les heures par un trop plein d’icônes dans tous les sens), mais des sociétés / marques qui nous entourent.

Ceci pour une simple raison : la visibilité.

Google rend les entreprises visibles sur le web, dans le monde entier ! Il est d’ailleurs étonnant que bien des entreprises communiquent en TV avec des URL compliquées au lieu de dire : cherchez nous dans Google !

En face, nous retrouvons la République Bananière d’Apple avec ses validations caprices, ses délais improbables et sa visibilité nulle passée les 25 premières applications affichées.

Sans même rentrer de nouveau dans le débat WebApp/ Application (voir notre article sur le journal du net à ce propos), il apparaît indispensable pour une société de faire une version mobile de son site web. (En plus d’une Appli, pourquoi pas, les 2 n’ont pas les mêmes buts/ cibles)

Ne serait ce que par respect envers les 95 % de personnes n’ayant pas (encore) d’iPhone. 

Dès lors, la marque sera visible en mobilité sur le web … notamment grâce à Google.

Et, lorsque de plus en plus de services web seront « mobile-friendly », tous les freins de la recherche actuelle sur mobile (du type : « oui, mais on tombe toujours sur des sites non adaptés !!) se lèveront petit à petit.

Et, dans une superbe spirale vertueuse, les clients prendront l’habitude de faire des recherches sur le mobile, via Google.

Et nous garderons sur nos écrans d’accueil que les raccourcis vers nos 3 – 4 webapps favorites et nos 3 – 4 applications préférées – ça tombe bien, on cherchait à se simplifier la vie.

Et pour tout le reste, il y aura Google – ça tombe bien, c’est leur métier.